mercredi 20 décembre 2006

Money ! Money !

La BBC (radio) a proposé une émission fort intéressante concernant Lewis Carroll et son rapport à l'argent. Vous pouvez l'écouter pendant quelques jours encore ici. Vite ! Vite ! Vite!
Ceux qui connaissent peu ou prou la vie de Lewis Carroll savent qu'il a toujours défendu âprement ses droits en tant qu'auteur et qu'il avait sans doute mis au point un système de comptabilité (je l'imaginais) assez performant (presque autant que celui qui lui permettait de « gérer » son abondante correspondance) — ce qui paraissait très naturel pour ce mathématicien et logicien hors pair. Cependant, il semblerait que ce trait de caractère dépeint par ses biographes ne fût pas si réaliste que cela... L'émission nous apprend que Carroll n'était pas tellement au fait des rentrées et des sorties de son compte en banque... S'il payait ses dettes, il n'était pas très empressé de préserver ses ressources ou de devenir riche.
Pire, à un moment de sa vie, une énorme somme fut dilapidée. Elle aurait pu l'autoriser à acheter une maison, mais nul ne sait la raison de cet envol des biffetons.
Nous n'ignorons pas, cependant, à quel point ses fameux Diaries ont été censurés, ainsi que sa correspondance, par sa famille très pointilleuse et, peut-être, un tantinet paranoïaque. Mais c'est peut-être un bien pour un mal, car notre époque suspicieuse aurait peut-être trouvé à redire là où il n'y a rien de malhonnête ou de vicieux...
C'est pourquoi la biographie (publiée seulement onze mois après la mort du grand homme, en décembre 1898) de son neveu, S. Dodgson Collingwood, pour intéressante qu'elle soit, omet de nombreux points. Peut-être par peur d'un possible scandale, bien qu'il ne me semble pas que Carroll ait pu rougir de son existence. En tout état de cause, il manque environ quatre volumes complets de ses journaux et dix-sept pages auraient été arrachées à ceux qui subsistent. Si ce n'est pas sa famille qui commit cet acte criminel, et si ce n'est pas Lewis Carroll en personne comme cela semble avéré, qui est l'auteur de cette mystérieuse disparition ?
Nous aurons l'occasion d'en reparler ici, mais pour l'heure il s'agit d'une autre énigme, même si les deux phénomènes sont possiblement liés.
Carroll était sinon un flambeur, du moins quelqu'un qui était souvent dans le rouge. Entre septembre 1883 et janvier 1885 (il avait 53 ans), il fut constamment à découvert. Il est raisonnable de penser qu'il aurait donné d'importances sommes à quelqu'un. À un certain Monsieur Dymes, qu'il n'aimait pas (mais il aimait sa grande famille, sans pour autant prêter un intérêt particulier aux enfants) et qu'il aurait rencontré lors de vacances... Ce Monsieur Dymes est décrit comme une sorte de Micawber (clin d'oeil à mes lecteurs dickensiens).
C'est une journaliste qui a retrouvé les relevés des comptes bancaires de Carroll (de 1856 jusqu'à sa mort) et les a fait publier.

Cf. Lewis Carroll in His Own Account: The Complete Bank Account of the Rev. C.L. Dodgson,
Ed. Jabberwock Press, 2005.


Site internet de l'auteur, qui possède également un blog.
mercredi 6 décembre 2006

Une édition d'Alice illustrée...

... par Anthony Browne.

Il y a quelques mots mon ami anglais, Robert, m'a envoyé quelques images de ce volume. Observez attentivement les extraits. J'espère que vous éprouverez les mêmes fourmillements de contentement sur la pointe des doigts, piaffant à l'idée de tourner les pages.
Nombreux furent ceux qui dessinèrent Alice et lui apportèrent, chacun, une part de leur univers. Illustrer l'oeuvre majeure de Lewis Carroll, c'est à la fois offrir une autre lecture d'Alice mais aussi dessiner une nouvelle porte par laquelle entrera le lecteur. Le plus grand espoir que l'on puisse concevoir est qu'il se perde, même et surtout s'il se croit en territoire connu.

Vous pouvez agrandir les images en cliquant dessus.
[Ayant en apparence délaissé cette page, pendant un petit moment (en réalité, j'explore l'oeuvre), j'escompte la nourrir avec des billets tout frais sortis de l’œuf dans très peu de temps. Un des prochains billets sera consacré à la vivisection, car Lewis Carroll a écrit un texte très intéressant sur ce sujet. À très vite.]

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Holly Golightly
Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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Où il est question de Lewis Carroll et de son double, Charles Lutwidge Dodgson...




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Voyages

« Quand je lisais des contes de fées, je m'imaginais que des aventures de ce genre n'arrivaient jamais, et, maintenant, voici que je suis en train d'en vivre une ! On devrait écrire un livre sur moi, on le devrait ! »