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mardi 26 février 2008

Le Double



« Lewis Carroll a vu son moi comme dans une glace mais il n'a pas cru en réalité à ce moi, et il a voulu voyager dans la glace afin de détruire le spectre du moi hors lui-même avant de le détruire dans son corps même, mais c'était en même temps en lui-même qu'il expurgeait le Double de ce moi. »


Ce propos, pour sibyllin qu’il pourrait paraître, illustre à la perfection tout ce que nous pourrions essayer de dire au sujet du double. Le double qui apparaît signifie d’abord un dédoublement, l’impossible contemplation de soi par soi. Un regard intérieur qui ne peut jamais saisir ce qu’il est, puisqu’il faudrait qu’il soit instantané à lui-même… Vieux phantasme également de celui qui voudrait se contempler avant sa naissance et après sa mort : une pensée présente dans l’absence. On ne peut se penser qu’au passé et au futur et le double, lui, est un reflet du présent, mais cette réflexion est fictive.

1. Antonin Artaud, « Variations à propos d’un thème d’après Lewis Carroll » in Nouveaux écrits de Rodez, Paris, Gallimard, L’Imaginaire, 2007, p. 138.
mercredi 13 septembre 2006

Fragment du Journal

« Il y a quelques jours, j'ai terminé la lecture de La vie de Charlotte Brontë*. À l'en croire, cette vie fut tout sauf heureuse : son talent était de ceux qui s'épanouissent dans la solitude et la mélancolie, ce qui semble avoir eu dans son cas quelque chose de presque morbide. »
31 août 1857

*Composée par l'amie de Charlotte, Elizabeth Gaskell, et publiée en 1857. Après la mort de Charlotte, le père de cette dernière demanda à Elizabeth d'écrire cette biographie et lui donna nombre de renseignements sur la précocité de son génie.
Une traduction française existe :

J.M. Barrie et Lewis Carroll et réciproquement

Je suis à la recherche de points d'intersection entre la vie des deux hommes.
À ma connaissance, ils ne sont jamais rencontrés et Barrie ne fait pas mention de Lewis Carroll. Je poursuis mes investigations à ce sujet.
Je relève quelques rares occurrences dans la correspondance et le Journal de Lewis Carroll. J'en livre deux, concernant deux pièces de Barrie :

« Nous sommes allés à Haymarket et nous avons assisté à la représentation du Petit ministre, une belle pièce, magistralement interprétée (...) Le Petit ministre est une pièce que j'aimerais revoir encore et encore. » (1897, novembre, dans son Journal)

« Ma chère Minnie,
J'ai trouvé moyen de venir chez vous vendredi et, au lieu d'emmener Audrey à une représentation nocturne (ce qui l'obligerait à demeurer éveillée plus longtemps que d'ordinaire), je me propose de la faire assister, en matinée, à la représentation de L'histoire d'amour du professeur, au Garrick. Je n'ai pas vu cette pièce, mais j'en ai entendu grand bien et je suis sûre qu'elle est convenable pour un enfant. (...) » 
(Lettre à Mary Fuller, en date du 5 novembre 1895)

Qui suis-je ?

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Holly Golightly
Dilettante. Pirate à seize heures, bien que n'ayant pas le pied marin. En devenir de qui j'ose être. Docteur en philosophie de la Sorbonne. Amie de James Matthew Barrie et de Cary Grant. Traducteur littéraire. Parfois dramaturge et biographe. Créature qui écrit sans cesse. Je suis ce que j'écris. Je ne serai jamais moins que ce que mes rêves osent dire.
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Où il est question de Lewis Carroll et de son double, Charles Lutwidge Dodgson...




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Voyages

« Quand je lisais des contes de fées, je m'imaginais que des aventures de ce genre n'arrivaient jamais, et, maintenant, voici que je suis en train d'en vivre une ! On devrait écrire un livre sur moi, on le devrait ! »